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espace 2 - delphine

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dimanche, mai 30 2010

"first spring", Yang Fudong. Mode et inquiétude.

Yang Fudong répond à une commande de la marque Prada ,c'est un film publicitaire. Une rencontre entre l'Occident et la Chine qui se transforme aujourd'hui et s'ouvre au monde. Il y a une perte des valeurs traditionnelles, comme une nostalgie durant tout le film. Je trouve intéressant que cette publicité où flotte cette ambiance de valeurs précieuses soit justement une publicité favorisant l'entrée de l'occidental (chic) en Chine, c'est relativement paradoxal.
Le premier plan est intéressant, deux hommes occidentaux regardent quelque chose hors champ, de nombreuses interprétations sont possibles, qu'ils soit essoufflés, qu'ils aient un mouvement de recul tout en transpirant forment une tension très belle d'autant plus que la caméra est en contre plongée. Une oppression. La crainte, c'est une inquiétude. l'inquiétude occidentale, pour commencer.

La composition est précise. L'image est en noir et blanc ( avec cette ambiance onirique si particulière que maîtrise yang fudong que l'on trouve dans "sept intellectuels dans une forêt de bambou") et de nombreux élément du film qui forme un équilibre (ying yang). on trouve un plan avec deux femmes habillés l'une en noir l'autre en blanc. Un autre avec un cheval blanc et un cheval noir, les occidentaux aussi sont équilibrés avec leurs costumes noirs et leurs valises blanches, il doit y en avoir d'autre... c'est élégant et raffiné. Les personnages chinois sont tous jeunes et beaux, la différence est vestimentaire traditionnel contre moderne chic. Une tension à l'arrivé des deux jeunes occidentaux est crée avec des regards hors champs efficaces. Les deux jeunes hommes explorent, valises en mains des rues quasi désertes.(un hors champ mystérieux qu'à déjà utilisé Yang Fudong) Comme dans un rêve. Il y a une tension dans le film pourtant l'ambiance est nébuleuse,
Les funambules sont en équilibre sur les câbles électriques, confrontation entre tension et légèreté.
Les violons, des cordes .
Les occidentaux et les jeunes chinois moderne chic sont portés par des fils, idéologique.
travelling sur des chinois en costumes traditionnels dans se qui parait être une vitrine. le couple de chinois moderne (qui est aussi jeune que les autres personnages) les regardes comme des objets d'art. La caméra est à l'intérieur côté traditionnel.

yang2

yang3

puis à nouveau un travelling, le long d'une table, autour de laquelle se rencontrent chinois modernes et traditionnels. Un serviteur sert le thé, le corps est très courbé. Puis en s'éloignant, il se retourne et sort un mouchoir qu'il porte à son visage, odeur? , c'est un mouvement qu'il a déjà fait dans l'un des premiers plans du film, il est malade. regard porté sur la jeunesse, sur l'homme moderne. Inquiétude.
puis le regard caméra d'une jeune femme chinoise apporte une distanciation.
Retour sur les funambules, chute des parapluies. Jeu d'équilibre et de suspension, toujours une tension, que j'interprète comme de l'ironie: L'occidental funambule.
Des chinois les regardes d'en bas.

yang

Enfin le dernier plan où les serviteurs cours derrière un tramway dans lequel on peut voir le couple chinois moderne qui ne regarde pas derrière eux. la course est belle, élégante, ordonné. Le tramway va trop vite, ils ne le rattraperont pas.
un dernier plan riche, qui conclut sur une réalité qui abandonne ses traditions.
avec une durée de 9 min 11 pour une publicité. Il y a un générique.
Yang Fudong utilise la mode pour parler d'un abandon de l'héritage.

dimanche, mai 16 2010

expérience et pauvreté (en cours...)

retour muet des champs de bataille, plus pauvre en expérience communicable. L'expérience se transmet de bouche à oreille. Déploiement de la technique, pauvreté nouvelle. Carnaval. Ensor.
Barbarie. Table rase. "je pense donc je suis". puis structure. La langue ne subit aucun renouvellement technique, mais se trouve mobilisée au service de la lutte ou du travail; au service, en tout cas, de la transformation de la réalité plutôt que de sa description. Maison de verre mobile. dur et lisse, rien n'a prise. froid et sobre sans "aura". l'ennemi du mystère. apôtre d'une nouvelle pauvreté? civilisation du verre. se libérer de toute expérience quelle qu'elle soit, ils aspirent à un environnement dans lequel ils puissent faire valoir leur pauvreté, extérieure et finalement aussi intérieure, à l'affirmer si clairement et si nettement qu'il en sorte quelque chose de valable. Fatigue. Sommeil. réaliser l'existence très simple, mais vraiment grandiose, que nous n'avons pas la force de construire dans l'état de veille. Second life. Masse inerte. Toute expérience qui se réduit facilement au "show" de sa "réalité" n'est pas une expérience. Vous êtes sublime, ce que vous avez raconté est exactement ce que vous avez vécu, rejouez-le dans notre télé-style maison (qui est d'ailleurs, votre maison) et vous serez guéri. télé psy (et l'ordinateur).. La société bourgeoise représente ses propres valeurs. Le spectacle idéalisé et rassurant d'une baise continue qui avait la netteté du fantasme et l'inaltérable et mâle monotonie du mythe.

Les comédiens ne pourront plus jouer de rôle, sinon ceux des avatars que le publics contrôle. du verre. Mais si pauvre en expérience, le comédien ne peut plus jouer, la barbarie est virtuelle, le corps est virtuel. froid et lisse, hygiénique. il n'y a plus d'odeur humaine. un savon sans odeur enlevant votre propre odeur. l'inverse parfait d'une machine désirante;

jeudi, mai 13 2010

lectures

survivance des lucioles
C'était parce que le titre m'intriguait, qu'il parlait des films de Pasolini et pour reprendre les cours et conférences que nous a donné GDH l'an dernier que j'ai choisis ce livre. Je l'ai commandé à Bayonne à la librairie de la rue en pente, avec "L'histoire de l'oeil" de Bataille que m'a conseillé Pascale. En attendant je lisais un livre emprunté à la médiathèque, "réenchanter le monde" de Stiegler. Les livres mettront 2 semaines à arrivés. Je les ai lus d'une traite, étant donné qu'ils ne sont pas long, et que le style d'écriture est clair. Je retranscrivais des passages des livres qui se sont mis à communiquer les uns avec les autres, ces petits montages m'ont permis de mettre à jour des sujets qui m'intéressent (nudité, lumière stroboscopique...) et à aller filmer des choses, comme les énormes rochers sur la plage de Biarritz éclairés par de puissantes lampes la nuit.


scheffer
Je regardais une peinture de Scheffer représentant Francesca de Remini et son amant Paolo, observés par Dante et Virgile en enfer. Les corps des amants sont éclairés d'une manière étrange, les peaux sont blanches comme si elles reflétaient une lumière, comme flashé par un appareil photo qui aurait figé le mouvement de flottement, ou comme si l'œil du spectateur éclairait les corps avec ses yeux-lumières ses yeux-phares. ou alors ces corps sont bioluminescents. Tandis que Dante et Virgile à droite sont comme éclairés par un feu, provenant des amants. Formellement, il y a d'autres peintures de clair-obscur avec ce système de "corps nus brillant" qui produisent un contraste violent, comme chez Henner par exemple ou en photographie avec Nan Goldin. Se sont ces corps que j'imaginais en lisant les livres, des corps-lucioles.

"A l'inverse des phalènes qui se consument dans l'instant extatique de leur contact avec la flamme, les vers luisants de l'enfer sont de pauvres "mouches à feu"- fireflies comme dit la langue anglaise pour nos lucioles- qui subissent, à même leur corps, une éternelle et mesquine brûlure. Pline l'Ancien s'était inquiété, autrefois, d'une sorte de mouche, nommée pyrallis ou pyrotocon, qui ne pouvait voler que dans le feu: "tant qu'elle est dans le feu, elle vit; quand son vol l'en éloigne un peu trop, elle meurt." Du coup, la vie des lucioles semblera étrange et inquiétante, comme si elle était faite de la matière survivante- luminescente, mais pâle et faible, souvent verdâtre- des fantômes. Feux affaiblis ou âmes errantes. Ne nous étonnons pas que l'on puisse suspecter dans le vol incertain des lucioles, la nuit, quelque chose comme une réunion de spectres en miniature, êtres bizarres aux intentions plus ou moins bonnes."
GDH
_
"L'amitié est une très belle chose. La nuit dont je te parle, nous avons dîné à Paderno, et ensuite dans le noir sans lune, nous sommes montés vers Pieve del Pino, nous avons vu une quantité énorme de lucioles, qui formaient des bosquets de feu dans les bosquets de buissons, et nous les enviions parce qu'elle s'aimaient, parce qu'elles se cherchaient dans leurs envols amoureux et leurs lumières, alors que nous étions secs et rien que des mâles dans un vagabondage artificiel. J'ai alors pensé combien l'amitié est belle, et les réunions de garçons de vingt ans qui rient de leurs mâles voix innocentes, et ne se soucient pas du monde autour d'eux, poursuivant leur vie, remplissant la nuit de leurs cris. Leur virilité est potentielle. Tout en eux se transforme en rires, en éclats de rire. Jamais leur fougue virile n'apparaît aussi claire et bouleversante que quand ils paraissent redevenus des enfants innocents, parce que dans leurs corps demeure toujours présente leur jeunesse totale, joyeuse. Ainsi étions-nous, cette nuit-là; nous avons ensuite grimpé sur les flancs des collines, entre les ronces qui étaient mortes et leur mort semblait vivante, nous avons traversé des vergers et des bois de cerisiers chargés de griottes, et nous sommes arrivés sur une haute cime. De là, on voyait clairement deux projecteurs très loin, très féroces, des yeux mécaniques auxquels il était impossible d'échapper, et alors nous avons été saisis par la terreur d'être découverts, pendant que des chiens aboyaient, et nous nous sentions coupables, nous avons fui sur le dos, la crête de la colline." (...)
PPP

Les Hommes-enfants au sommet de la colline qui voient deux projecteurs, des yeux mécaniques. Comme un immense monstre, un titan dont les yeux serait comme un phare, mécanique. J'imagine Yunan grimpant sur le Dieu-montagne dans les milles et une nuits, ou encore les rochers de Biarritz qui dans la nuit se transforment sous le feu des projecteurs blanc et orange. Le spectateur placé derrière les lumières aveuglantes, lses rochers sont alors les Hommes-enfants dont parle Pasolini, potentiellements mis à nus par les lampes puissantes, féroces qui leurs donne cette immensité, leurs beautés. Car je pense qu'il peut se dégager une certaine forme de beauté des lumières aveuglantes. On imagine les corps de ces garçons dans la lettre éclairé furtivement par un projecteur, et je trouve cela beau, furtif, fuyant comme un animal. On ne peut pas voir qui éclaire, qui observe, le spectateur est comme derrière un miroir sans teins, à l'abri derrière les lampes.

nuit

"Nous avons alors trouvé une autre clairière herbeuse, en cercle si réduit que six pins à peu de distance les uns des autres suffisaient à l'entourer; nous nous sommes étendus là, enveloppés dans nos couvertures, et en parlant agréablement entre nous, nous entendions le vent souffler et faire rage dans les bois, et nous ne savions pas où nous nous trouvions ni de quels lieux nous étions entourés. Aux premières lueurs du jour, nous avons bu les dernières gouttes de nos bouteilles de vin. Le soleil ressemblait à une perle verte. Je me suis déshabillé et j'ai dansé en l'honneur de la lumière; j'étais tout blanc alors que les autres enveloppés dans leurs couvertures comme des péons, tremblaient au vent."
PPP

"On pourrait dire que, dans cette ultime situation, Pasolini se dénudait comme un ver, affirmant ensemble l'humilité animale-proche du sol, de la terre, de la végétation- et la beauté de son jeune corps. Mais, "tout blanc" dans la lueur du soleil qui se lève, il dansait aussi comme un ver luisant, comme une luciole ou une "perle verte". Lueur erratique, certes, mais lueur vivante, lueur de désir (...)" GDH _

"Ce jour là, dans l'orage sans pluie, à travers l'obscurité hostile, il nous fallait fuir le château et filer comme des bêtes, Simone et moi, sans vêtements, l'imagination hantée par l'ennui, qui, sans doute, accablerait à nouveau Marcelle. La malheureuse internée était comme une incarnation de la tristesse et des colères qui, sans fin, donnaient nos corps à la débauche. Un peu après (ayant retrouvé nos bicyclettes), nous pouvions nous offrir l'un à l'autre le spectacle irritant, théoriquement sale, d'un corps nu et chaussé sur la machine. Nous pédalions rapidement, sans rire ni parler, dans l'isolement commun de l'impudeur, de la fatigue, de l'absurdité. Bataille

_ Ce qui apparaît dans ces corps de la fuite n’est autre que l’obstination d’un projet, le caractère indestructible d’un désir. Ce qui apparaît est aussi la grâce, quelquefois : grâce que recèle tout désir qui prend forme. Beautés gratuites et inattendues, comme lorsque ce réfugié kurde danse dans la nuit, le vent, avec sa couverture pour toute draperie: tel l’ornement de sa dignité et, quelque part, de sa joie fondamentale, sa joie malgré tout. Border est un film illégal que traversent, de fait, tous les états de la lumière. Il y a, d’une part, ces lueurs dans la nuit : infiniment précieuses, car porteuses de liberté, mais aussi angoissantes, car toujours soumises à un péril palpable. D’autre part - comme dans la situation décrite par Pasolini en 1941 -, nous voyons les “féroces projecteurs” du règne, si ce n’est de la gloire : faisceaux des torches policières dans la campagne, implacable rayon de lumière qui balaye, depuis un hélicoptère, les ténèbres ambiantes. Même les plus simples lumières des maisons, les lampadaires ou les phares d’automobiles qui passent sur la route nous serrent la gorge dans le contraste déchirant - visuellement déchirant - qui s’instaure avec toute cette humanité jetée dans la nuit, rejetée dans la fuite. _ GDH (...)
Le vent était un peu tombé, une partie du ciel s'étoilait; il me vint à l'idée que la mort était la seule issue de mon érection, Simone et moi tués, à l'univers de notre vision personnelle se substitueraient les étoiles pures, réalisant à froid ce qui me paraît le terme de mes débauches, une incandescence géométrique (coïncidence, entre autres, de la vie et de la mort, de l'être et du néant) et parfaitement fulgurante.
Mais ces images demeuraient liées aux contradictions d'un état d'épuisement prolongé et d'une absurde raideur de mon membre viril. Cette raideur, il était difficile à Simone de le voir, en raison de l'obscurité, d'autant que ma jambe gauche en s'élevant la cachait chaque fois. Il me semblait cependant que ses yeux se tournaient dans la nuit vers ce point de rupture de mon corps."
Histoire de l'oeil Bataille

"Nous ne vivons pas dans un monde, mais entre deux mondes au moins. Le premier est inondé de lumière, le second traversé de lueurs. Au centre de la lumière, nous fait-on croire, s’agitent ceux que l’on appelle aujourd’hui, par cruelle et hollywoodienne antiphrase, les quelques people, autrement dit les stars - les étoiles, on le sait, portent des noms de divinités - sur lesquelles nous regorgeons d’informations le plus souvent inutiles. Poudre aux yeux qui fait système avec la gloire efficace du “règne” : elle ne nous demande qu’une seule chose, et c’est de l’acclamer unanimement. Mais aux marges, c’est-à-dire à travers un territoire infiniment plus étendu, cheminent d’innombrables peuples sur lesquels nous en savons trop peu, donc pour lesquels une contre-information apparaît toujours plus nécessaire. Peuples-lucioles quand ils se retirent la nuit, cherchent comme ils peuvent leur liberté de mouvement, fuient les projecteurs du “règne”, font l’impossible pour affirmer leurs désirs, émettre leurs propres lueurs et les adresser à d’autres

(...) Ainsi, la parade nuptiale des lucioles de l'Ancien et du Nouveau Monde, adaptée à la nuit, se fait par luminescence colorée ou non par les couleurs habituelles visibles le jour. Cela ne va pas sans malice. La luciole femelle du genre Photuris répond aux éclairs du mâle en vol, une conversation lumineuse s'ensuit et les deux amants s'accouplent. Mais après cela, la femelle adopte la séquence d'éclairs d'une autre luciole du genre Photinus et leurre les mâles qui se posent près d'elle et se font dévorer. (...) (...) ce qui est en cause, avant tout, n'est que le jeu cruel de l'attraction inhérent au règne animal: tour à tour don de vie et don de mort, appel à se reproduire et appel à se détruire mutuellement. Or, au centre de tous ces phénomènes, la bioluminescence illustre un principe magistralement introduit en éthologie par Adolf Portmann: il n'y a pas de communauté vivante sans une phénoménologie de la présentation où chaque individu affronte- attire ou repousse, désire ou dévore, regarde ou évite l'autre. Les lucioles se présentent à leurs congénères par une sorte de geste mimique ayant la particularité extraordinaire de n'être qu'un trait de lumière intermittente, un signal, un geste en ce sens. On sait aujourd'hui qu'au niveau le plus fondamental tous les êtres vivants émettent des flux de photons, que ce soit dans le spectre visible ou dans l'ultraviolet."

(...)

"Le silence est aussi faiblesse, mais "le refus de communiquer est un moyen de communiquer plus hostile (donc) le plus puissant." Il est très significatif que Bataille, de cette puissance, offre quelques exemples qui concordent avec ce que Walter Benjamin avait espéré des images, précisément: corps lumineux passagers dans la nuit. Boules de feu qui traversent l'horizon, comètes qui apparaissent et vont se perdre ailleurs. Lucioles plus ou moins discrètes, en quelque sorte. Plus ou moins proches de nous dans la nuit. (...) "Mes yeux se sont ouverts, c'est vrai, mais il aurait fallu ne pas le dire, demeurer figé comme une bête. J'ai voulu parler, et comme si les paroles portaient la pesanteur de mille sommeils, doucement, comme semblant ne pas voir, mes yeux se sont fermés." Bataille, à la fin de la guerre, retourne à la contestation philosophique et à la construction d'un savoir autre - qu'il nommera, ici "athéologie", là "hétérologie" - capable de se restituer, de reprendre position dans l'histoire politique des temps présents. "Sur Nietzsche", écrit en 1944 "dans la bousculade" de la déroute allemande et du centenaire du philosophe, publié en février 1945, est un livre extraordinaire. Il mêle un erratique journal de guerre - soit le non-savoir d'une expérience où se mêlent de façon étourdissante bombardements aériens et fêtes foraines, ruines tragiques et jeux d'enfant - à une tentative d'élucidation conceptuelle destinée à rendre une valeur d'usage aux textes nietzschéens par-delà leur utilisation par les faschistes dont Bataille développe, une fois de plus, la critique la plus virulente."

GDH

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Le désir est l'énergie qui, sous toutes sortes de formes sociales qu'elle engendre et dans lesquelles elle se trans-forme, fournit aux processus d'individuation en général (L'individuation est le processus de « distinction d'un individu des autres de la même espèce ou du groupe, de la société dont il fait partie». wikipédia l'encyclopédie en ligne) leur principe dynamique le plus profond, le plus constant et le plus précieux- mais aussi le plus fragile, et c'est la raison pour laquelle les sociétés hyperindustrielles ou urbanisées sont essentiellement organisées en vue de prendre soin de cette énergie, qu'elles l'appellent philia, éros, agapè, carritas, motivation ou mana. L'Homme de la société hyperindustrielle, c'est-à-dire de la société de contrôle, voit une part toujours plus grande de ses comportements sociaux prise en charge par le système techno-économique, en sorte qu'il se trouve toujours plus dépossédé d'initiatives et de responsabilités, tandis qu'il ne cesse d'être infantilisé ( et par là même coupé de ses enfants, qui ne trouvent plus en lui aucune autorité) par les industries culturelles qui ont pour fonction de lui faire adopter de nouveaux "modes de vie" qui sont essentiellement des modes d'emploi remplaçant et court-circuitant ses savoir-vivre.

(...) distraction de l'attention du consommateur (du client roi), qui est son détournement (tel est aussi le sens du verbe distraire en effet: subtiliser, dérober, voler.)

(...)
Or, nous savons tout aussi certainement que le temps de la conscience, qui est celui de l'intelligence, de la volonté et de l'action, de la lucidité et de la responsabilité, est ce que les industries de programmes tendent à systématiquement remplacer par le temps des audiences grégaires, des cerveaux sans conscience et des systèmes nerveux transformés en systèmes réflexes, c'est-à-dire pulsionnels, en vue de les rendre disponibles à toutes les sollicitations du marketing qui renforcent systématiquement des comportements dont nous savons pourtant qu'ils sont devenus à terme mortellement toxiques pour les êtres humains.
(...) Le capitalisme, au XX siècle, a fait de la libido sa principale énergie: l'énergie qui, canalisée sur les objets de la consommation, permet d'absorber les excédents de la production industrielle, en suscitant, par des moyens de captation de la libido, des désirs entièrement façonnés selon les besoins de la rentabilité des investissements. Or, aujourd'hui, cette captation de la libido a fini par la détruire, et ce fait majeur constitue une immense menace pour la civilisation industrielle: elle conduit inévitablement, à terme, à une crise économique mondiale sans précédent.

Réenchanter le monde Stiegler

samedi, avril 24 2010

pour les lectures avec Delphine

j'ai choisis de lire "survivance des lucioles" de Didi-Huberman. Je voulais lire un texte à propos de Pasolini, (je cherche d'ailleurs d'autres textes à ce sujet, si quelqu'un m'entends) et j'aime bien les lucioles. Je lis aussi "réenchanter le monde" de Stiegler, parce que j'ai apprécié "aimer, s'aimer, nous aimer" et le titre me plait...